Dans le cadre du Salon du livre de Paris (20-24 mars 2014), le bloc-notes de la revue Kanyar vous présente chaque jour depuis le lundi 24 février un des vingt auteur(e)s publiés dans le premier et/ou le second numéro de la revue réunionnaise de création littéraire. Après l'auteure espagnole Pilar Adón et l'américaine Elina Lowensohn, puis les illustrateurs des couvertures des deux premiers numéros, le parisien Emmanuel Brughera et le sud-africain Conrad Botes, nous vous présentons aujourd'hui la réunionnaise Marie-Jeanne Bourdon.



Marie-Jeanne Bourdon est professeur d’espagnol à Paris. Elle a publié une nouvelle, La houle, dans le recueil collectif intitulé Leitmotive, opus 1 (Jacques Flament, 2011). Elle est l'auteure de la traduction en français de la nouvelle El fumigador de Pilar Adón publiée dans Kanyar n°2 où elle a publié aussi sa propre nouvelle -  Lou - que nous vous présentons ci-dessous.

Lou,
dans Kanyar n°2, page 159

« Les chiens du voisinage, amnésiques, nous
reniflent comme des inconnues. »

Lou est mystérieuse. Elle vit au bord d’une plage de sable noir à La Réunion, dans une famille aimante de gens travailleurs, aux côtés d’une sœur complice avec qui elle partage ses émois de jeune fille et les plaisirs simples d’une vie proche de la nature. Pourtant, parfois la rage l’étreint, une impatience indéfinissable la saisit que ne comprend pas sa sœur. Ces moments fugaces de bonheur passés ensemble et ces crises soudaines s’imposent, comme encore présents, à la narratrice qui essaie en rassemblant ces bribes de souvenirs d’entre-voir le mal être qui a précédé la disparition de sa sœur.

Lou est un court récit au caractère elliptique et allusif qui, comme dans un collage, restitue l’ambiance d’un petit village côtier de La Réunion.

Les premières lignes de Lou

Cet été-là, maman ramène à la maison des travaux de couture supplémentaires : les mariages se succèdent et il y a des retouches, des créations de traînes, de bouquets complexes en tissu rose pâle… Les étoffes s’amoncèlent sur son lit et on l’entend soupirer parfois face au travail à accomplir.
Papa, lui, rentre toujours vers dix-huit heures trente de la conserverie et s’installe presque immédiatement devant le journal télévisé. Les vêtements
qu’il abandonne à la hâte dans la salle de bains dégagent une lourde odeur d’huile et de poisson confit.
[...]

Découvrez la suite de Lou dans la revue Kanyar n°2.